A Tours, McDonald’s s’affranchit du confinement

  • Par Etienne Cornec
  • 20 avril 2020
A Tours, McDonald’s s’affranchit du confinement

Illustration réalisée par © Louis Cornelis – @une.flemme.sans.nom

Les commerces non-indispensables sont fermés depuis le 14 mars. Pourtant concernés par ces fermetures, certains fast-foods sont restés ouverts, suscitant l’interrogation des salariés.

Le 14 mars dernier, le Premier ministre Edouard Philippe a annoncé la fermeture de tous les commerces non essentiels et restaurants dans le contexte d’épidémie de Covid-19. Mais certains fast-foods sont restés ouverts. C’est le cas de l’enseigne américaine McDonald’s. Durant les deux premières semaines semaines de confinement, sur les 1490 restaurants que compte la multinationale en France, seuls ceux de Tours étaient ouverts. Une situation que dénonce Jérôme*, étudiant et employé de l’un de ces restaurants : « On a obligé les employés de jour comme moi à travailler sans nous demander notre avis, alors que les travailleurs de nuit touchent le chômage partiel ».

Son université fermée, il n’a plus que son travail. De plus, le jeune homme est asthmatique et dans le contexte de pandémie, il craint pour sa santé tous les jours. « Je me rends au travail avec la boule au ventre, explique Jérôme. Je sais que je suis une personne à risque et j’ai peur de choper le virus. Quand je prends les transports en commun pour aller au ‘Macdo’, la distanciation sociale est globalement respectée puisque le trafic est réduit et qu’il y a désormais peu d’usagers. Mais une fois arrivé au boulot, à l’intérieur du restaurant, les distances de sécurité ne sont pas respectées. C’est impossible de maintenir un espace d’un mètre entre chaque collègue. Donc le danger est constant. »

L’étudiant a le sentiment que la firme américaine a voulu garder certains restaurants ouverts pour ne pas plomber son chiffre d’affaires, au détriment de la santé de ses salariés. « On a moins de clients qu’avant le confinement, constate Jérôme. Mais ils achètent en plus grosse quantité. Nous avons le devoir de les servir. D’autant que si tu refuses d’aller travailler par crainte d’attraper ce virus et que tu es une personne à risque, ils te virent sur le champ pour prendre d’autres personnes. Il y en a plein d‘autres qui attendent ».

Après McDonald’s, KFC s’y met aussi

Le jeune homme a dû s’adapter en portant un masque et en prenant le maximum de précautions. Il juge l’ouverture des McDonald’s tourangeaux durant ces quinze premiers jours de confinement comme une injustice. « Pourquoi nous ? » s’interroge-t-il. L’enseigne soigne sa communication pour éviter les critiques. Elle a testé un « guide opérationnel visant à renforcer significativement les mesures sanitaires pour son personnel et ses clients » sur le canal du drive et de la livraison à domicile. Cela a commencé par les restaurants de Tours avant trois autres en région parisienne. Si la marque au grand M ne semble pas avoir répondu aux interrogations sanitaires de ses salariés tourangeaux, elle a rouvert d’autres enseignes dans l’hexagone après deux semaines de confinement, à l’issue de ces tests. Une trentaine de restaurants sont concernés. Seuls les activités du drive et de livraison à domicile sont autorisées à continuer.

Comme McDonald’s, l’enseigne KFC a, elle aussi décidé de rouvrir certains de ses restaurants parisiens dès le 31 mars. Comme la marque au grand M, KFC privilégie le drive et la livraison à domicile sans contact avec leurs clients, et limite son personnel en cuisine. Pizza Hut, qui fait partie du même groupe que KFC, a également repris la livraison de pizza en appliquant les mêmes règles sanitaires. Malgré le prolongement du confinement jusqu’au 11 mai, certaines enseignes ont décidé de rester ouvertes. En revanche, les chaînes de restaurations américaines et belges Burger King et Quick ne sont pas prêtes de rouvrir. Elles attendent la fin du confinement pour remettre le couvert. Ce que devraient faire McDonald’s et KFC étape par étape.

*le prénom à été modifié

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