Une microbrasserie dit non à la pression du confinement

  • Par Quentin Lazeyras
  • 22 avril 2020
Une microbrasserie dit non à la pression du confinement

Illustration réalisée par © @phallopiace

Une bière locale, bio, ‘Nature & Progrès’, zéro-déchet qui ne coûte pas un bras c’est possible ! Dans le Val-d’Oise c’est le pari de la micro-brasserie Terrabière depuis maintenant 3 ans. Mais comment survivre au vu de la situation actuelle ?

Tous les samedis matin, les clients défilent. Chacun.e attend son rendez-vous avec Julien Laforgue de Terrabière. Face à cette situation inédite de confinement liée à la crise du Coronavirus, cette micro-brasserie de Deuil-la-Barre (Val d’Oise) a dû innover. 


Terrabière a ouvert il y a 3 ans par Emilie Huynh et Julien Laforgue. « Ce projet est né de deux passions, explique le brasseur. Celles pour le Whisky et la bière ». Après avoir suivi un stage de brasserie, Emilie et Julien se lancent dans leur propre production de bière maison. Un an de compliments plus tard, le couple décide de produire en plus grande quantité différents styles de bières. « Petit à petit, on nous poussait à ouvrir notre brasserie et c’est ce qu’on a fini par faire ici avec Terrabière » raconte Julien.

Boire oui, mais boire local !

Pour se lancer dans cette aventure, Emilie et Julien ont jugé nécessaire de s’engager dans une démarche respectueuse de l’environnement. Une attitude en accord avec leurs idées : «On travaille exclusivement avec de l’agriculture biologique et avec des produits locaux. »
Sur place comme à la maison, profitez d’une tournée de bières zéro-déchet à base d’invendus de pain (nées d’une collaboration avec une boulangerie du département) ou une bière locale brassée avec du houblon de Deuil-la-Barre.

En plus de cette approche locale, toutes les bouteilles sont récupérées, car consignées. Réutilisées, elles font de Terrabière une micro-brasserie : « zéro-déchet ».

« Ces derniers temps, on a gagné de nouveaux clients » remarque Julien. Le succès de Terrabière réside également dans son engagement en tant que commerce de proximité. «Les habitants sont très sensibles aux commerces locaux, certains nous achètent des bières pour nous soutenir. Ça fait partie de l’élan de solidarité qu’il y a en ce moment » confie -t-il.

Coronavirus et confinement oblige, Emilie et Julien ont dû fermer les portes de leur enseigne. Pendant les deux premières semaines, la production était à zéro. Le bar de la brasserie est fermé. Difficile de s’imaginer tourner à vide. Avec une chute de près de 50% du chiffre d’affaires, le couple a trouvé une solution pour résister à la crise. Tous les samedis, les clients peuvent se réapprovisionner dans le centre-ville en commandant leurs bières durant la semaine. Les clients plus éloignés de la brasserie peuvent être fournis : Emilie et Julien continuent de les apprvisionner grâce à la mise en place de livraisons. 

Dans les semaines à venir, Terrabière espère évidemment rouvrir le plus vite possible, mais Julien reste lucide. Il sait que le retour à la normale va être très complexe. « Si les clients viennent tous masqués, ça va être difficile de venir boire des bières. J’ai vu les espèces de Plexiglas qu’on pourrait installer, mais je trouve que ça fait très parloir » ironise-t-il. Pour lui aussi, l’avenir reste incertain. « Il va falloir rassurer les clients sur nos normes d’hygiène mais évidemment ça va prendre du temps ».  

Auteur.e.(s)

  • J’observe la rue, le street-art et les cultures alternatives. Je questionne la société et mets en lumière des réponses. Rêve en allemand sans sous-titres.