En Allemagne, que de discipline !

  • Par Quentin Lazeyras
  • 5 mai 2020

Illustration réalisée par © Leni Fiede Pohl – @lenifriedepohl

Depuis une dizaine de jours le déconfinement a commencé en Allemagne. Face à ce nouveau gain de libertés, les jeunes restent prudents.

Interdiction de faire des courses, ou de sortir. Telle est la situation très particulière de Juliette, 22 ans. Étudiante française à Berlin, elle est arrivée dans la capitale allemande le 25 avril et a été obligée de rester enfermée jusqu’au 10 mai. « L’Agence de la santé a été très stricte. Elle me demande de rester en quarantaine quinze jours car je viens de France. Ils estiment que ça empêche une quelconque propagation du virus ». Même si les contacts avec sa colocataire sont également prescrits, elle ne peut s’empêcher de partager une bière ou une série pour ne pas suffoquer seule dans sa chambre. 

Très peu de personnes sont confrontées à ce genre de situation exceptionnelle. Au contraire, « j’ai l’impression que l’ambiance est plus vivante, mais les habitants restent tout de même en retrait. Ils sont moins stressés », explique Julius, étudiant en médecine à l’Université de Leipzig (Saxe). La vie commence à reprendre son cours, mais l’étudiant qui a pris les bons réflexes dès le début du confinement ne ressent pas de grand changement. En Saxe, comme dans beaucoup de régions allemandes, le confinement était moins stricte qu’en France : Autorisation de sortir à deux maximum, parcs accessibles, sport à plus d’un kilomètre de chez soi … « Avec mes colocataires on pouvait se balader. Tant qu’on restait entre nous, on ne prenait pas de risque. » Pourtant, les règles étaient floues explique Julius qui voit cela comme un problème majeur. « Tellement de choses se sont dites, qu’on ne savait plus démêler le vrai du faux. Certains étaient menacés de prendre des amendes, alors que d’autres non. C’est comme si la police elle même ne savait pas ce qui était autorisé ou pas », ironise-t-il. Pour Juliette, au contraire les règles sont claires et strictes. « L’agence de santé m’a mis la pression au téléphone. Mais je pense qu’ils comptent sur le bon sens des citoyens et leur obéissance ».

Depuis une dizaine de jours, le gouvernement a déclaré un relâchement des mesures de confinement et compte sur les habitants pour respecter les règles au maximum. Si la France voit l’Allemagne comme une société stricte et disciplinée, Héliette, jeune Française expatriée à Leipzig, confirme ce point de vue : « La majorité des gens adopte des bonnes habitudes. Tout le monde respecte bien les distances de sécurité, porte un masque un maximum ». Les règles sont donc plus précises, mais la vie commence à reprendre son cours. Si le masque est désormais obligatoire dans certaines conditions, les cafés, les restaurants et les hôtels devraient rouvrir dans les prochaines semaines avec un maximum de 50% de la capacité d’accueil de la clientèle. Les rassemblements sont limités à 5 personnes tout en respectant les limites de sécurité. 

un confinement illégal

Habituellement en cette période de printemps et avec le beau temps qui apparaît, nombreux sont les Allemands à se retrouver dans les parcs. Julius et Héliette en font partie. Depuis le relâchement des mesures de sécurité, ils ont pu profiter un peu plus de l’extérieur. Ils sont pourtant unanimes. « Personne ne s’est trop précipité dehors, mais évidemment tout n’est pas comme d’habitude », explique Julius. En Saxe et à Berlin plus de 4 000 cas et 170 morts ainsi que 6 000 infectés et 160 décès ont été respectivement recensés. Ces chiffres relativement faibles ont permis à ces régions de relâcher les mesure sanitaires. À l’inverse, certains Länder comme la Bavière, conservent une réglementation plus stricte.

Auteur.e.(s)

  • J’observe la rue, le street-art et les cultures alternatives. Je questionne la société et mets en lumière des réponses. Rêve en allemand sans sous-titres.